À l’oc­ca­sion de son Assemblée Générale 2019, le CAUE27 a publié “L’Eure, ter­ri­toire en tran­si­tion”, un recueil de témoi­gnages pros­pec­tifs qui ima­gine le dépar­te­ment en 2027 avec celles et ceux qui par­ti­cipent à sa trans­for­ma­tion. Découvrez ci-des­sous un extrait reve­nant sur la mise en place d’une concier­ge­rie de vil­lage dans l’Eure.

Jean-Claude Lanos – Maire de Chennebrun

© Mairie de Chennebrun

C’est à la fin des années 2010, alors que Chennebrun comp­tait à peine plus de cent habi­tants que tout a pris un nou­veau tour­nant. Ça a com­mencé avec la déci­sion de réha­bi­li­ter l’an­cienne bou­lan­ge­rie du vil­lage pour la trans­for­mer en concier­ge­rie. Nous nous étions asso­ciés à une asso­cia­tion locale d’in­ser­tion. Ça a per­mis, en huit ans, d’embaucher et d’ac­com­pa­gner sur le mar­ché du tra­vail douze tra­vailleurs et travailleuses.

En 2019, l’an­née char­nière, la concier­ge­rie fai­sait déjà 150 m2 et avait inté­gré l’a­gence pos­tale com­mu­nale. Nous avions réussi à pro­po­ser aux habi­tants un espace déli­vrant une mul­ti­tude de ser­vices, allant de la vente de pro­duits du ter­roir – en asso­cia­tion avec les pro­duc­teurs locaux – aux ser­vices à la per­sonne tels que le repas­sage, la les­sive, le por­tage de repas…

L’installation d’un méde­cin et d’une infir­mière a contri­bué à rem­plir le rôle social de la com­mune. Aujourd’hui, en 2027, le départ à la retraite du méde­cin sou­lève des ques­tion­ne­ments sur l’a­ve­nir. Le regrou­pe­ment en agglo­mé­ra­tion avec les com­munes voi­sines, aux portes du Perche, serait un moyen de conser­ver au moins un méde­cin sur le territoire.

L’extension de Center Parcs tout proche a généré des pro­blé­ma­tiques concer­nant l’eau et l’as­sai­nis­se­ment que nous avons sur­mon­tées. Cela a aussi, et sur­tout, déve­loppé l’offre d’emploi local. Ces emplois ne sont pas de grande qua­li­fi­ca­tion mais res­tent inté­res­sants pour les habitants.

Une des dif­fi­cul­tés aux­quelles nous étions confron­tés vers 2020 s’est résor­bée d’elle-même : les urbains qui pos­sé­daient une rési­dence secon­daire sur la com­mune sont venus s’ins­tal­ler défi­ni­ti­ve­ment dès lors que les connexions ont été éta­blies avec les cen­tra­li­tés (réseau ferré au ser­vice régu­lier, haut débit d’in­ter­net) et les mai­sons res­tées vacantes sont peu à peu inves­ties par des Parisiens s’ins­tal­lant dans l’Eure.

Le déve­lop­pe­ment d’offres sociales et com­mer­ciales de proxi­mité a mené à la par­ti­ci­pa­tion active des habi­tants dans l’é­vo­lu­tion de leur cadre de vie et la dyna­mique semble par­tie pour mener à une coor­di­na­tion intercommunale.

Téléchargez l’in­té­gra­lité du recueil “L’Eure, ter­ri­toire en transition”