« Doter la com­mune d’une stra­té­gie en faveur des milieux natu­rels » est le sujet d’un stage co-enca­dré par la ville de Brionne et le CAUE27, qui a mobi­lisé une ingé­nieure sta­giaire issue d’AgroParisTech de mars à sep­tembre 2018. La ques­tion d’une stra­té­gie en faveur des milieux natu­rels est aujourd’hui peu for­mu­lée pour les com­munes ne dis­po­sant pas de ser­vices dédiés. Pourtant le légis­la­teur charge chaque col­lec­ti­vité éla­bo­rant un docu­ment d’urbanisme de trai­ter la ques­tion de l’écologie de son ter­ri­toire au tra­vers de son pro­jet de Trame Verte et Bleue. Mais lorsque le PLU* est approuvé, que devient ce pro­jet ? Quelles actions concrètes peuvent pour­suivre la réflexion enta­mée ? Et dans le cas d’une com­mune sans ser­vice « Environnement », quels acteurs, quels par­te­naires peuvent l’accompagner ?

La forte impli­ca­tion de la Ville de Brionne, dès la rédac­tion du sujet de stage a per­mis de don­ner à ce tra­vail de recherche des orien­ta­tions com­plé­men­taires significatives :

  • ne pas rédi­ger une énième étude mais par­tir des inven­taires scien­ti­fiques exis­tants et les ins­crire dans une opé­ra­tion­na­lité à court ou à moyen terme,
  • for­mu­ler des pro­po­si­tions qui se coor­donnent avec les actions com­mu­nales ins­crites au PLU en matière de loi­sirs, de mobi­li­tés douces et de tourisme,
  • réa­li­ser pen­dant le stage, une pre­mière sen­si­bi­li­sa­tion des ser­vices tech­niques et des habi­tants à l’intérêt d’agir pour la vie sau­vage locale.

La mobi­li­sa­tion des élus a éga­le­ment per­mis de consti­tuer un « groupe pro­jet » qui ras­sem­blait dif­fé­rents acteurs : le pôle patri­moine natu­rel du Département, la Chambre d’agriculture, l’Interco Bernay Terres de Normandie, le syn­di­cat de rivière (SIBVR), le CenNS*, l’AFB*, l’association de pêche locale et les ser­vices com­mu­naux … Le groupe pro­jet s’est réuni 4 fois pour super­vi­ser et orien­ter le tra­vail de l’étudiante. Ses pro­po­si­tions était l’occasion de débats et la richesse des échanges a favo­risé l’implication des acteurs et leur capa­cité à ima­gi­ner des manières de s’insérer dans un pro­jet com­mun potentiel.

La qua­lité et la quan­tité du tra­vail fourni par l’étudiante ont per­mis des résul­tats par­ti­cu­liè­re­ment satisfaisants :

  • un état des lieux qui confirme l’intérêt pour la com­mune de s’investir dans un domaine jugé sou­vent comme secon­daire ; la bio­di­ver­sité diver­si­fiée de ce ter­ri­toire de val­lée est un patri­moine qui peut enri­chir les pra­tiques tou­ris­tiques, récréa­tives et péda­go­giques locales,
  • un pro­jet, tou­ris­tique et péda­go­gique, de mise en réseau de lieux de nature, arti­culé avec les infra­struc­tures de loi­sirs exis­tantes (base nau­tique com­mu­nale et vélo­route de Risle),
  • la mise en oeuvre d’actions en faveur d’une bio­di­ver­sité locale remar­quable (pro­tec­tion de cavi­tés à chauves-sou­ris et poses de nichoirs dédiés),
  • la réa­li­sa­tion d’une jour­née de for­ma­tion du ser­vice Espaces verts consa­crée aux plantes exo­tiques envahissantes,
  • une pre­mière sen­si­bi­li­sa­tion des habi­tants par le biais de 6 articles parus dans la gazette muni­ci­pale et d’une mani­fes­ta­tion grand public, conférence/​balade noc­turne, sur le thème des chauves-souris.

Durant le stage, l’accompagnement du CAUE27 a eu pour objec­tif de révé­ler les com­plé­men­ta­ri­tés d’intérêt pour conce­voir et por­ter des pro­jets par­ta­gés à béné­fices mutuels. L’action com­mu­nale en faveur de « la vie sau­vage » ne désigne pas une suite d’investissements publics à fonds per­dus mais s’inscrit dans un pro­jet poli­tique glo­bal de valo­ri­sa­tion de l’attractivité locale construit avec les par­te­naires envi­ron­ne­men­taux du territoire.

Proposition d’une stra­té­gie com­mu­nale en faveur des milieux natu­rels (PDF)